Le chantier

SCÈNE DE MINAGE

Sur les 500 000 m3 de déblais à réaliser, 200 000 m3 de roche doivent être excavés au moyen d’explosif. Retour sur la technique délicate du minage.

Images : Samuel Carnovali

Trois à quatre fois par semaine, à raison d’un tir par jour, les entreprises de travaux en bordure de la N19 grignotent l’espace nécessaire à l’aménagement du nouvel échangeur de Sevenans.
La procédure est toujours la même. « Pont, maison, conduite de gaz… en fonction des contraintes présentes sur la zone à miner, il y a des seuils de vibrations spécifiques à respecter »,
explique Nicolas Dutailly, directeur des terrassements et assainissements chez Vinci Construction Terrassement. Un plan de tir est donc élaboré plusieurs jours avant chaque tir : localisation de la zone de minage, emplacement des contraintes, seuils de vibrations, dimensionnement des charges… tout est répertorié et envoyé à la maîtrise d’œuvre ainsi qu’aux concessionnaires de réseaux et exploitants. « Des capteurs sont mis en place pour relever les vibrations.
Jusqu’à maintenant, on a toujours été en dessous des seuils réglementaires », assure Nicolas.

Une seconde d’explosion, des heures de préparation

Tout commence avec l’intervention d’un foreur qui va creuser une centaine de trous sur le périmètre défini. Distants et profonds d’environ trois à quatre mètres, ces trous sont ensuite chargés d’explosif. Ce dernier se présente sous la forme de cartouches ou de granulés livrés le matin même. « On ne stocke jamais rien sur le chantier », prévient Nicolas. Les explosifs dans les trous sont ensuite reliés à des détonateurs connectés à l’exploseur activé par une personne habilitée appelée « boutefeux ». Vous ne l’entendez peut-être pas mais chaque trou explose à quelques millisecondes de l’autre pour limiter les vibrations. Après le tir, le boutefeux va alors vérifier que toutes les charges ont détoné et prévient par radio les différentes vigies quadrillant le périmètre. Le dernier coup de corne de brume retentit, la circulation sur la N19 est rétablie après seulement quatre ou cinq minutes de coupure et les engins peuvent venir déblayer la roche fracturée.