Le chantier

QUAND LA GÉOLOGIE RYTHME LES TRAVAUX

La géologie du sous-sol sur lequel prend vie le projet de l’échangeur de Sevenans rythme la vie du chantier et arbitre certains choix techniques. Entre couches calcaires et galeries souterraines, Michel Zorpi fait le point.

Directeur des travaux au sein de l’entreprise SETEC chargée de la maîtrise d’œuvre, Michel Zorpi possède une formation en géologie qui s’avère très précieuse, notamment sur le chantier de l’A36. « Ici, le sol est principalement composé de calcaires datant du jurassique supérieur, une période géologique remontant à quelque 150 millions d’années » explique Michel. Même si ces formations calcaires ne sont pas forcément très dures, elles ne peuvent être déblayées avec des moyens mécaniques classiques. D’où le recours aux tirs de mine dont la première campagne a débuté en juin 2017 et dont la seconde, plus courte, reprendra dès ce printemps 2018. Environ 200 000 m3 de roche ont déjà été extraits ainsi, principalement dans le secteur du futur barreau, là où les terrassements sont les plus importants. Comme le rappelle le directeur des travaux, « une fois extraite, la grande majorité de ces matériaux est concassée puis réutilisée sur le chantier pour constituer la base des remblais ou des chaussées. »

Sous les pavés, la rivière

La Savoureuse constitue une frontière géologique entre les massifs du jurassique supérieur à l’ouest, côté Montbéliard, et une zone de remplissage beaucoup plus récente à l’est, côté Moval.
Ce secteur au niveau de la Savoureuse se caractérise par des circulations d’eaux souterraines liées à des phénomènes dits de karstification.

« Il s’agit du résultat de la dissolution des calcaires par les eaux de surface qui s’infiltrent dans le sol, créant toutes sortes de puits et de galeries dans le sous-sol » traduit Michel. Si les réseaux souterrains nés de ce phénomène semblent peu développés, ils doivent toutefois être pris très au sérieux ! C’est ce qui s’est passé en décembre dernier sur la D18 suite à un affaissement survenu sous la chaussée en travaux. D’importants moyens de reconnaissance ont été mis en œuvre pour comprendre le phénomène et assurer la sécurité des usagers de la route. « Le but est de reconstituer une vue 3D du sous-sol afin de trouver la meilleure solution de confortement du sol en évitant d’interférer avec les circulations d’eau souterraines » insiste Michel. Sous la route aussi, la fluidité reste de mise.