Le chantier

LE BIM, UN BIG BANG À L’ÉCHELLE DU PROJET

L’échangeur de Sevenans a été l’occasion pour APRR et son maître d’œuvre de se lancer dans l’aventure du BIM des infrastructures. Bien plus qu’une maquette numérique 3D, il s’agit là d’une toute nouvelle façon de travailler. Explications.

Premier projet d’infrastructure APRR réalisé sous BIM

L’idée circulait dans les couloirs du bureau d’études Setec depuis quelques temps déjà. Alors quand APRR demanda au maître d’œuvre de réaliser le projet de l’A36 Sevenans en s’appuyant pour la première fois sur un processus BIM, tout le monde s’est montré enthousiaste. De l’anglais Building Information Modeling, le BIM a vu son utilisation s’étendre du secteur du bâtiment à celui des infrastructures. « Le BIM infra n’est pas un logiciel de modélisation, même s’il repose sur une maquette numérique paramétrique 3D. C’est d’abord une méthode inédite de travail collaboratif » souligne Jean-Yves Sablon, ingénieur en chef chez Setec.

Le BIM permet en effet le partage d’informations techniques et fonctionnelles sur un seul et même modèle à tous les stades du projet, entre tous les intervenants et corps de métier. Géométrie, assainissements, ouvrages d’art, terrassements… chacun va pouvoir valider et affiner son travail en fonction des données et de l’avancement de l’autre. Un vrai plus sur le management comme le rappelle Jean-Yves.

Anticiper, sécuriser, optimiser

Le modèle numérique permet d’effectuer diverses analyses, contrôles et simulations avant même d’engager des travaux. Tous les éléments étant en interaction, la moindre modification envisagée permet de détecter immédiatement ses incidences sur le reste des données. « Avec le BIM, on trouve des solutions dès la phase d’étude mais aussi en phase d’exécution. On peut par exemple anticiper des problèmes d’interface entre des canalisations existantes et les nouveaux réseaux. C’est une aide très précieuse » confie l’ingénieur en chef. De quoi réduire les aléas sur le chantier et les dépenses inhérentes !

Évolutif, le modèle 3D du projet est régulièrement mis à jour par l’entreprise de travaux selon des procédures strictes. « Même si nous sommes encore en mode expérimental, les interventions dans le cadre du BIM sont très codifiées et nécessitent une formation spécifique » explique Jean-Yves.

Outil de projection et de communication

Avant le BIM, il fallait savoir lire un plan pour visualiser le rendu d’un projet. Désormais, il suffit de regarder une maquette 3D. Régulièrement au contact des élus, riverains et usagers, Jean-Yves est formel : « c’est un formidable outil de compréhension du projet. On peut tout montrer : les ponts, les routes, la végétation. On peut même simuler les arbres sur dix, quinze, vingt ans ! ». Les plus technophiles d’entre vous ne seront donc pas surpris d’apprendre qu’il est également possible d’utiliser un casque de réalité virtuelle pour pousser l’immersion à son maximum. Outil en constante évolution, le BIM dévoile un peu plus chaque jour l’étendue de son potentiel.
Avec l’échangeur de Sevenans, il marque le début d’une nouvelle ère dans la façon d’aborder un projet d’infrastructure au sein d’APRR.

 

Crédits photos : SETEC